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Crimes rituels à Bamako

Autorités et populations interpellées

Il existe au Mali plusieurs formes d’insécurité. Ces temps-ci, on parle beaucoup de l’insécurité de la circulation routière et de celle due aux bandits armés qui, impitoyablement, agressent les motocyclistes pour les déposséder de leurs engins et les boutiquiers, nuitamment pour piller leurs boutiques. Au-delà de ces cas qui sont monnaie courante, les populations maliennes sont pendant certaines périodes scandalisées par d’autres formes d’insécurité. Il sera peut être difficile d’être exhaustif dans leur énumération, mais, d’ores et déjà, le cas qui prend de plus en plus de l’ampleur et qui inquiète beaucoup les populations est relatif aux crimes commis par certains individus de sang-froid à des fins rituelles.

Au sein de la société on s’interroge beaucoup sur la manière de prévenir dans le meilleur des cas ou de gérer ce phénomène. Il interpelle tout le monde : populations, pouvoirs publics, notamment services chargés de la sécurité et de la protection des personnes et de leurs biens.

AU NOM DE QUOI CES CRIMES SONT-ILS COMMIS ?

Les raisons de ces actes cyniques sont diverses, mais il est fréquent d’apprendre que des individus s’y adonnent en espérant, disent-ils après leur forfait, qu’ils deviendront riches.

Drôle d’idée. A supposer même que cette éventualité existe, comment peut-on avoir l’audace et le sang-froid de sacrifier ainsi son semblable et de surcroît des enfants innocents ?

La pratique qui devient fréquente est on ne peut plus révoltante. Et, parmi les auteurs, certains affirment avoir rêvé que leur salut passerait par la perpétration de ces crimes odieux.

LES POPULATIONS INDIGNÉES

Les Bamakois en particulier sont indignés par la répétition de ces actes de barbarie. Avant, on attribuait à tort ou à raison ces pratiques à des acteurs politiques en quête de pouvoir.

Il était alors surtout fréquent de découvrir d’innocents enfants amputés d’une ou de plusieurs parties de leur organisme.

D’autres disparaissaient et pour de bon. Mais cette catégorie de crime est en train de revêtir d’autres formes.

En effet, si avant on avait du mal à savoir comment les actes sauvages avaient été perpétrés, ces temps-ci, il est surtout fréquent que l’on surprenne les criminels sur le lieu du crime, voire à l’oeuvre.

Au sein de l’opinion publique, on ne comprend pas que cette pratique progresse à pas de géant dans notre société.

Pour certains, cela s’expliquerait par le fait que les auteurs de ces actes ne subissent pas le même sort que leurs victimes comme le ferait la charia.

COMMENT INFLÉCHIR SUR LA COURBE DE CETTE CRIMINALITE ?

Il va de soi que le Mali, en tant que République démocratique, ne peut appliquer la charia dans le cadre de la gestion des situations du genre.

Mais les autorités du pays sont interpellées par l’ampleur de la pratique afin de rechercher les moyens d’en finir cette forme de criminalité. Mais, par delà les autorités, c’est toute la population qui est concernée.

D’abord, il faudra que les parents évitent de laisser les enfants se promener seuls, même avec d’autres enfants, en dehors de l’école et des familles.

Ensuite, il y a une obligation de vigilance chez tous. Cela veut dire que c’est grâce à la synergie de plusieurs facteurs que les auteurs de ces crimes pourront être dissuadés, et peut-être, à la longue, contraints d’y renoncer.

On se rappelle qu’au motif de la passion, certains individus commettaient des crimes. Pendant un moment les crimes passionnels étaient fréquents, au point que certains citoyens avaient promis de saisir l’Assemblée Nationale afin qu’on légifère spécialement sur le cas des crimes passionnels.

Mais, il semble que rien n’en a été. Même si cette approche n’est pas la mieux indiquée, il faudra au moins que tous s’impliquent dans la recherche de solutions appropriées et durables.

Moussa SOW

13 mars 2006.

 

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